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L'ACTUALITE D'ENFANCE ET PARTAGE
 

A propos de la campagne
ENFANCE ET PARTAGE
Janvier 2004

ARRET SUR IMAGE :
IL N'Y A PAS DE FATALITE AU DESTIN DU NEGATIF

Les images photographiques de cette campagne sont comme un arrêt sur image. Les figures " fantômes " sont évocatrices du paradoxe de l'irreprésentable du traumatisme impensable.

Figuration et non-figuration, représentation et non-représentation, la photographie est ici ombre d'elle-même. La couleur est elle-même une non-couleur. Les mots ne sont pas des paroles mais des placards de phrases, comme des signes de marquage, des incrustes de corps qui ont perdu leur relief, leur épaisseur, leur consistance, leur vitalité, leur identité.

En termes photographique, ce paradoxe de vie et de non vie est proposé comme une matrice : photographie en positif et à la fois photographie en négatif.

Ces figures fantomatiques d'adultes illustrent bien le processus de destruction qu'engendre le traumatisme de la maltraitance, et en particulier de l'abus sexuel, pendant l'enfance.

Le négatif au niveau psychologique comme au niveau photographique est la manifestation de ce qui n'a pas été révélé. C'est encore, non seulement au niveau individuel mais au niveau de la transmission psychique de génération en génération, ce qui n'a pas été métabolisé, qui n'a pas été symbolisé et qui continue à se propager, incrustes étranges et fantomatiques.

C'est un collage entre le temps de l'enfant et le temps de l'adulte. Un collapsus de la temporalité. Le dessèchement de l'adulte est un arrêt sur image de la croissance de l'enfant victime. L'adulte s'est retrouvé figé.

Un enfant victime d'abus sexuel est comme un fruit piqué sur l'arbre par la piqûre d'un insecte ou blessé par la morsure d'un oiseau prédateur. Il va y avoir une altération de sa maturation : le fruit alors se gâte intérieurement, en mûrissant trop vite pour ensuite se dessécher et tomber de l'arbre. Le traumatisme attaque le processus de croissance nécessaire à un développement harmonieux de l'enfant. Sa maturation affective, psychologique, sexuelle et social est détériorée.

Le traumatisme fait effraction dans le processus vital de croissance, c'est un excès d'excitation qui ne fait pas sens pour l'enfant ("confusion de langue entre l'adulte et l'enfant" S. FERENCZI ) et qu'il ne peut métaboliser.