Le
Droit Romain a érigé
la paternité en pouvoir absolu. Le citoyen Romain avait théoriquement
droit de vie et de mort sur ses enfants et avait pour devoir délever
de bons citoyens. Il avait la possibilité de choisir sa progéniture,
cest à dire de refuser son enfant biologique et den
adopter un autre.
Le Droit Romain, oublié pendant des siècles, a été
rétabli dans les institutions et coutumes à partir
du XIIème Siècle.
Sous
lancien Régime
(naissance du Code napoléonien) le père de famille
est toujours tout puissant, sur le modèle du pouvoir royal,
lui-même reflet du pouvoir divin. Il dispose de ses enfants
arbitrairement ce qui implique quil a non seulement un droit
de correction mais encore le droit de faire interner ses enfants
au motif quil a " de graves sujets de mécontentement
".
Cela signifie quil peut tout bonnement faire jeter son fils
en prison et imposer le couvent à sa fille !.
Le père dispose également de lavenir de ses
enfants (rappelons que la majorité est à 30 ans
pour les garçons et 25 ans pour les filles).
Cette appréhension
de la paternité a donc des répercussions dans les
relations quotidiennes qui sexpriment par une grande sévérité
: les remontrances, les coups sont considérés comme
légitimes. Toute démonstration de tendresse affaiblirait
lautorité du père.
Nul secours nest porté à lenfant, en
dehors de lenfant trouvé pour lequel on crée,
à partir du XIVème siècle des hospices.
En
1789, la puissance paternelle est remise en cause ;
on supprime les lettres de cachet permettant denfermer lenfant
récalcitrant et on institue un Tribunal de la Famille.
Lenfant devient non plus un objet mais un sujet.
Mais cest
seulement au XIXème siècle que lon commence
à considérer lintérêt de lenfant.
En effet, même si la puissance paternelle est restaurée
afin de " suppléer les lois, corriger les murs
et préparer lobéissance ", des lois sur
lamélioration des conditions de travail des enfants
et la fréquentation de lécole sont promulguées.
En
1860,
cest un médecin légiste français Ambroise
TARDIEU qui a le premier, fait la description clinique des enfants
maltraités, alors quen 1874,
aux Etats-Unis, il avait fallu recourir à la société
Protectrice des Animaux pour soustraire une mineure aux mauvais
traitements de ses parents !
En
1889,
la loi dite " Roussel
" entend protéger les enfants victimes de mauvais
traitements.
En
1898,
les peines sont aggravées lorsque lauteur des violences
est ascendant ou gardien de lenfant.
Au
XXème siècle, cest une loi du 22
juillet 1912 qui met en lumière la toute jeune
notion de " Droits de lEnfant " ; cette loi instaure
le Tribunal pour Enfant et la possibilité dordonner
des mesures de surveillance et déducation.
Lordonnance
du 2 février 1945, relative à lenfance
délinquante crée un corps de magistrats spécialisés
(Juge pour enfants) et institue lenquête sociale et
le placement.
(ordonnance n° 45-174)
En
1953,
le Docteur SILVERMAN, radiologue a la conviction que certaines
lésions présentées par les enfants sont des
séquelles de mauvais traitements. Cette même année,
le terme "Aide sociale à lenfance" fait
son apparition (A.S.E).
En
1958,
une ordonnance organise la protection judiciaire de lenfance
en danger et institue lassistance éducative tandis
quen 1959 une
première déclaration des Droits de lEnfant
voit le jour (ordonnance du 23
décembre 1958 n°58-1301 enfance et adolescence
en danger).
Ce nest
quen 1962 que
la société médicale accepte disoler
le syndrome de Silverman dit " de lenfant battu "
après identification de celui-ci par les Docteurs KEMPE
(pédiatre) et SILVERMAN (radiologue).
De
1970 à 1989,
le parlement vote une série de lois en faveur de lenfance.
Le
10 juillet 1989
la loi relative à la protection des mineurs et à
la prévention des mauvais traitements est enfin votée
(loi n° 89-487). Cette loi a eu pour effet de redéfinir
et de soutenir le travail des professionnels de lEnfance.
En
1989, ratification par la France de la Convention des
Droits de lEnfant.
Depuis, divers
textes sont venus enrichir la législation en faveur des
enfants, le dernier en date étant la loi du 17
juin 1998 relative à la prévention et
à la répression des infractions sexuelles ainsi
quà la protection des mineurs (loi n° 98-468).
"Lhistoire
de la civilisation montre quà linverse des
agressions individuelles entre adultes qui furent toujours sanctionnées
au sein dun groupe déterminé, les différentes
formes de violences exercées contre les enfants ont été
plus ou moins tolérées voire approuvées par
la société des adultes et que lhistoire de
lhumanité est jalonnée de sévices exercés
contre les jeunes enfants"
(P. STRAUS,
fondateur de lAssociation française dinformation
et de recherche sur lEnfance Maltraitée). (voir bibliographie)
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