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En France, la justice et toi


La justice sert à te protéger quand tes droits ne sont pas respectés, quand tu es en danger. Elle intervient également quand tu enfreins la loi, c’est à dire quand tu commets une infraction, quand tu fais quelque chose interdit par la loi.

Une justice adaptée aux mineurs existe en France depuis 1945. Elle a donné naissance à une protection spéciale de la jeunesse. Cette protection doit protéger les jeunes en danger mais aussi juger les jeunes délinquants.

Qu’est qu’un mineur ?

La loi a fixé l’âge de la majorité à 18 ans. Cela signifie que jusqu’à 18 ans un jeune est placé sous la responsabilité et l’autorité de ses parents qui doivent le protéger et l’éduquer.

Un mineur est en dange , que faire ?

Il existe deux moyens de protéger un mineur en danger.

L’aide Sociale à l’enfance (ensemble des services sociaux : A.S.E)

Lorsqu’un jeune rencontre des difficultés (scolaires, dans sa famille…) ou lorsqu’il risque d’être en danger, en cas de fugue, par exemple, l’aide sociale à l’enfance peut prendre des mesures de protection en faveur du mineur : suivi social, accueil provisoire dans une famille…
Cette protection ne peut être mise en place qu’avec l’accord écrit de ses parents .
La justice

Le juge des enfants intervient quand " la santé, la sécurité ou la moralité d’un mineur sont en danger ou lorsque les conditions de son éducation sont gravement compromises ".
Le rôle du juge des enfants est de mettre en place si nécessaire des mesures adaptées pour que le mineur puisse vivre dans un environnement satisfaisant.
Un mineur est considéré en danger quand par exemple il subit des violences physiques (coups..) des violences psychologiques (brimades, humiliations…), des violences sexuelles (viols, agressions sexuelles…) ou quand ses conditions de vie ne lui permettent pas un bon développement (délaissement du fait de ses parents ; défaut de soins, carences alimentaires…).

Le juge des enfants peut être saisi par les parents du mineur, par le mineur lui même, par la personne ou le service à qui le mineur a été confié, par le parquet (ensemble des juges chargés de défendre les intérêts de la société et de demander l’application de la loi).
Le juge des enfants peut, de façon exceptionnelle, décider de se saisir lui même.

Une fois saisi, le juge des enfants convoquera les parents et l’enfant dans son cabinet pour les entendre et recueillir des informations sur leur situation familiale.
Lors de cette première rencontre le juge peut décider de ne pas entendre l’enfant, soit à cause de son âge, soit parce qu’il pense que celà va perturber l’enfant.

Après avoir recueilli tous les éléments sur la situation du mineur, le juge des enfants peut décider, soit de ne pas intervenir, soit de prendre des mesures de protection, c’est à dire :

> Une assistance éducative en milieu ouvert : l’enfant reste dans sa famille et une personne (l'éducateur) est chargée de conseiller et d'aider sa famille dans son éducation.

> Un placement : cette solution n’est décidée que si le maintient de l’enfant dans sa famille est vraiment impossible. L’enfant sera alors confié à une famille d’accueil ou à un foyer. Les contacts entre l’enfant et ses parents pourront être maintenus (possibilité pour l’enfant de rendre visite à ses parents pendant la semaine ou le week-end).

Bien sûr, le juge des enfants peut toujours modifier sa décision si un élément nouveau apparaît.

Quels sont les droits des enfants ?

La convention Internationale des droits de l’enfant énonce que dès que l’enfant est capable de discernement (c’est à dire capable de donner son avis sur un problème, de faire un choix, de raisonner) il peut être entendu dans toutes les procédures qui le concernent.
Le mineur peut donc demander à être entendu par le juge des enfants.

Comme on l’a mentionné plus haut le juge des enfants peut, par contre, refuser cette audition s’il estime qu’elle est contraire à l’intérêt de l’enfant.
Par exemple, un mineur peut demander à être entendu quand ses parents se séparent. Il peut alors faire savoir au juge chez lequel de ses parents il veut vivre.

De plus, tout mineur a le droit à se faire aider par un avocat. Il peut le choisir lui même s’il en connaît un ou demander au juge de lui en désigner un. L’avocat aura pour rôle d’assister le mineur c’est à dire d’être à ses côtés, de lui expliquer le déroulement des procédures et de défendre ses intérêts, c’est à dire de parler en son nom et de veiller à ce que ses droits soient respectés.

Et le mineur délinquant ?

Lorsqu’un mineur commet une infraction ( vol, racket, agressions…) et qu’il est reconnu coupable il bénéficie en priorité de mesures éducatives. La justice des mineurs cherche d’abord à rappeler au mineur ses devoirs vis à vis de la société et lui faire prendre conscience de ses actes et de leurs conséquences. La mesure éducative doit primer sur la sanction pénale (peines).

Pour les mineurs de moins de 13 ans aucune sanction pénale ne peut être prononcée seules des mesures éducative ne peut être mise en place.

Dans tous les cas le mineur doit être assisté d’un avocat qu’il aura choisi lui même ou qui aura été désigné. Cet avocat permettra au mineur de comprendre le fonctionnement de la justice, lui dira ses droits, le défendra et fera entendre sa voix .

Pour les infractions les moins graves c’est le juge des enfants qui juge le mineur. Il ne prononce que des mesures éducatives. Pour les infractions plus graves ; c’est le tribunal pour enfants (il est composé d’un juge des enfants et de deux assesseurs, c’est à dire deux personnes non juges) qui intervient. L’enfant est accompagné de son avocat. Si un mineur de 16 ans a commis un crime, il est jugé par la Cour d’Assises des mineurs.

Un enfant est victime, que faire ?

Etre victime, c’est avoir subi une infraction c’est à dire avoir été l’objet d’un acte interdit par la loi par exemple d’un vol, d’une agression sexuelle, d’un racket…. Lorsqu’un enfant est victime, ses parents doivent porter plainte auprès des services de police comme la gendarmerie ou le commissariat. L’enfant peut également y aller tout seul pour signaler les faits.

Les parents ou l’enfant peuvent également écrire au Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance du lieu où les faits ont eu lieu. Suite à cette plainte, le Parquet (ensemble des juges qui sont chargés de représenter les intérêts de la société) va engager des poursuites c’est à dire décider de commencer les poursuites contre l’auteur des faits.

Comme l’enfant est un mineur ce sont ses parents qui vont le représenter c’est à dire agir pour lui, le défendre et se constituer partie civile. Etre partie civile signifie prendre une part active dans les poursuites engagées contre l’auteur des faits.

Quand ce sont les parents ou l’un d’eux qui sont auteurs des faits ou qu’ils ne défendent pas leur enfant, le juge en charge de l’affaire pourra nommer un administrateur ad hoc. L’administrateur ad hoc est une personne qui aura pour mission de défendre les intérêts de l’enfant victime.